Abd-el-Kader par Léon Plée 1866

Abd-el-Kader

« On ne saurait trop admirer, on n’a peut être pas su assez craindre le génie d’Abd-el-Kader. Le fils de Lalla-Zohra n’a plus temporairement de ressources en Algérie. Nos colonnes mobiles lui ont tout pris, villes et tentes, ressources et influences. Les chefs nationaux fatigués de ses continuelles défaites, ne veulent plus agir, ou n’agissent plus que languissamment en sa faveur. Beaucoup se sont tournés du côtés de la France. En vain, il a cherché à se refaire une force aux extrémités du côté du désert. On l’y a poursuivi, on l’y a détruit. Il n’est plus rien qu’un grand nom. Mais tout cela peut changer si l’avenir en a la volonté, et si le Dieu de sa croyance vient en aide à son patriotisme et à son ambition.

En effet rien de plus mobile que le caractère arabe. Un événement heureux peut le soulever à nouveau contre la France.
Par exemple la Province d’Oran confine à un Empire immense, en état de mettre sur pied, cent mille soldats; que cet Empire, au nom de la religion, au nom de la politique, se déclare pour la cause Arabe en Algérie, ou que cet Empire prenne seulement, d’une manière décidée une attitude hostile à la France: aussitôt les tribus Oranaises, celles de Tittery, celle des Kabylies, celles de Constantine même, remuent, s’agitent, se soulèvent peut être. Qui affirmerait ce qu’il adviendra de ce nouveau soulèvement?

Débarquement-des-français-en-Algérie

Abd -el-Kader commence à connaître la politique Européenne; il sait que la France a des ennemis qui ne la voient pas s’agrandir sans jalousies. Or l’Empire dont nous venons de parler, se déclarant pour la cause arabe en Algérie, il doit, dans la pensée profonde d’Abd-el-Kader, se produire deux faits: ou le Maroc, car c’est du Maroc qu’il s’agit, ou Le Maroc sera vainqueur, et alors les Français perdront tout leur prestige, l’émir regagnera le sien, ou le Maroc sera vaincu, et alors la France ira en avant dans sa conquête; elle se fera de nouveaux ennemis en Afrique, et ses ennemis d’Europe, de plus en plus jaloux, lui déclareront la guerre. Alors elle sera forcée de dégarnir ses nouvelles possessions. De toutes façons donc la nationalité arabe sera sauvée. Raisonnement puissant, et dont la logique devait échouer à la fois contre la fortune de nos armes et la faiblesse de notre diplomatie…. »

« En ce temps-là, de violents dissentiments politiques et religieux agitaient les populations du Maroc. Quels que fussent les événements, victoire ou défaite, l’Emir ne pouvait-il pas profiter de ces dissentiments pour se faire, à l’Ouest de l’Afrique, une position que sa patrie lui refusait. Il y pensa; ce fut même par là qu’il semble avoir commencé.
Depuis longtemps, il entretenait des relations avec le Maroc. Déjà cette puissance lui avait fourni, comme à un coreligionnaire, toutes sortes de secours et de ressources durant sa bonne comme durant sa mauvaise fortune. Nos prisonniers, au temps où il relevait Tagdempt, virent souvent arriver à son camp des convois marocains, et c’est en vain que l’on a nié officiellement le fait.

Eugene Delacroix : The Sultan Of Morocco And His Entourage

Eugene Delacroix : The Sultan Of Morocco And His Entourage

« On a dit qu’Abd-el-Kader ne tirait de l’Empire de Maroc ni argent, ni effets d’habillement ni poudre, ni biscuits ni armes écrivit Monsieur de France en 1837. Les renseignements recueillis à Maroc sont contredits par les faits que Maurice et moi avons vus de nos propres yeux. »

Le 7 août 1836, il est arrivé de Maroc au camp d’Abd-el-Kader un convoi apportant des chemises, des calottes, des babouches, des culottes et des capotes (épais manteau militaire) pour Six cent hommes.

Le 15 Août il est arrivé un convoi de Quinze chameaux chargés de poudre et de balles venant de Maroc.
« Lorsque le dernier convoi eût été déchargé, ajoute Monsieur de France, Ben-Farka me fit appeler et me dit en comptant les ballots que des esclaves emportaient dans les magasins: « Regardez si mon maître n’est pas grand! Sa puissance s’étend au loin. Ses alliés ne l’abandonnent pas! »
Ailleurs l’ancien prisonnier d’Abd-el-Kader dit encore que toutes les fois que les arabes voyaient arriver au camp un convoi du Maroc, ils laissaient éclater leur allégresse, et rendaient au chef de la caravane, les mêmes honneurs qu’à l’Émir. « 

in Chapitre XXV Le Maroc._Abd-el-Kader et Abd-erRhamane_La politique Anglaise

Monsieur Ali Najab

«Sous le portrait de mon ancêtre Léon Plée, Sir Ali Najab lisant des passages du beau livre qu’il écrivit en 1866: ABDELKADER ! Un ouvrage de référence qui va être réédité. Voici quelques bonnes feuilles sur nos liens avec la figure historique des Algériens: Abdelkader qui s’illustra avec bravoure durant la conquête de l’Algérie par les français.» Mme Françoise Bastide

Laisser un commentaire

Please wait...