De Bojador à Boujdour – Romain SIMENEL

De Bojador à Boujdour – Nomades, poètes et marins du Sahara atlantique. de Romain SIMENEL

L’ouvrage « De Bojador à Boujdour » qui retrace, en  textes et en illustrations, l’histoire de
ce cap mythique pour les Portugais devenu une importante ville du Maroc saharien, a été présenté à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc à Rabat, en présence d’éminentes personnalités dont le ministre de la Culture, Mohamed Amine Sbihi, le président de la Chambre des conseillers, Mohamed Cheikh Biadillah et le lauréat du Prix Nobel de littérature en 2008, le Franco-Mauricien Jean-Marie Gustave le Clézio. Edité par « La croisée des chemins » à l’initiative de l’Agence de développement économique et social des provinces du Sud du Royaume (Agence du  Sud), cet ouvrage, par l’éloquence du verbe et la force de gouvernail_etambotl’image, évoque le passé et le présent de la ville de Boujdour qui, jusqu’en 1975, était le cap Bojador, longtemps pris pour le bout du monde par les marins médiévaux.

 

 

La perte des navires portugais qui tentaient de franchir le cap Bojador, avait fait naître le mythe de l’existence de monstres marins et la réputation de limite infranchissable pour ce « cap de la peur » comme le surnommaient les marins portugais. Après lui, s’étendait la mer des Ténèbres.

Monstres marins Bojador

Au milieu des sables du désert et face aux vagues de l’océan, plantée au bord de la route entre Laâyoune et Dakhla, la ville de Boujdour  est née un beau jour de la fin de l’année 1975. Au départ, un phare, figure de proue du Cabo bojador, incontournable défi pour la navigation médiévale en direction de l’Afrique centrale et australe puis des Indes. Point cardinal des verbes créateurs des cultures sahariennes et portugaises, Bojador fut le théâtre de l’épanouissement conjugué de la poésie saharienne (Hassanie) et portugaise (lusophone).

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Nés de la bouche des nomades et des marins, le gaf hassani et le fado portugais résonnèrent ensemble, sans le savoir, de part et d’autre du cap des poètes. Muse des poètes, Bojador vit jaillir de ses vagues d’imagination des maîtres comme Camoes, Pessoa ou Nuno Júdice, côté portugais, et plus récemment, Ruijel ou Ould Mlihah, côté saharien.

Boujdour

Suite au départ des Espagnols fin 1975, se sont agrégés à l’amarre du phare des tentes, puis des habitations en dur, des commerces, un port, le tout organisé en places, en rues puis en avenues… La ville de Boujdour typifie l’ingéniosité sociale en cours au Sahara atlantique depuis quelques décennies.

Femmes Sahraouies

Seule une incursion au cœur de l’histoire et de l’organisation sociale des tribus sahariennes est à même d’expliquer la rapidité avec laquelle un esprit urbain saharien a pris corps à Boujdour, à partir d’un simple phare et d’un campement.

 

 

 

 


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