Sahara marocain au-delà du Sahara occidental par Luis Agüero Wagner

Sahara Marocain : Malgré les campagnes que réalisent certaines ONGs qui s’enrichissent de la tragédie des peuples, les droits du Maroc sur le Sahara vont bien au-delà du conflit du Sahara occidental.

On dit que les relations entre la droite et la gauche ne sont qu’une comédie. Le mythe qu’ils entretiennent au sujet du Sahara occidental en est un exemple.
Celui qui connait l’histoire de l’Afrique sait que la revendication marocaine sur le Sahara est absolument incontestable et que ce territoire a été marocain depuis tellement longtemps qu’il ne peut exister aucun doute raisonnable à ce sujet.

Ni plus, ni moins que cinq dynasties royales marocaines ont émergées de ce que l’on nomme aujourd’hui le « Sahara occidental », le grand sud saharien. Pour n’en citer qu’une, la première de ces dynasties était la dynastie almoravide. Elle s’étendait alors de la vallée du Sénégal jusqu’au centre de l’Espagne, constituant ce que l’on appelait « l’empire des deux rives », cet empire était marocain.

Les Almoravides (en arabe al-Murābitūn, المرابطون « les gens du ribat ») sont une dynastie Amazigh, (berbère), originaire de l'Adrar et qui nomadisaient entre l'actuel Sénégal et le Sahara Marocain.

Les Almoravides (en arabe al-Murābitūn, المرابطون « les gens du ribat ») sont une dynastie Amazigh, (berbère), originaire de l’Adrar et qui nomadisaient entre l’actuel Sénégal et le Sahara Marocain.

Il existait aussi des réalités politiques et économiques. En effet, toute la vallée du fleuve Sénégal et celle du Niger étaient tournées vers le Maroc. Au 16ème siècle, Tombouctou était bel et bien une ville marocaine et la prière s’y proclamait au nom du sultan du Maroc. Le pacha de la juridiction de Tombouctou était également marocain. Quand à la Mauritanie, elle était aussi sous la dépendance marocaine et investie par ses émirs.

Ces racines historiques marocaines ont engendré un complexe d’infériorité dans certains états comme l’Algérie qui contemple le Maroc avec jalousie en tant qu’ancien état-nation. En l’an 987, lorsqu’Hugues Capet était roi de France, la monarchie marocaine était déjà vieille de deux siècles.

Ce pays stratégique du nord de l’Afrique a cependant eu la mauvaise fortune d’être grandement amputé à l’est et au sud pendant la période coloniale.
La France fut en grande partie responsable de cette amputation. En créant l’Algérie, elle priva le pays d’un grand territoire à l’est repoussant ainsi à l’ouest les frontières du Maroc.

Sur ce point, dans ses mémoires « Mauritanie contre vent et marées » Mokhtar Ould Daddah donne raison au général Charles de Gaulle lorsqu’il insista sur l’importance que la République de Mauritanie résolve ses différents avec le Maroc. Il spécifia également l’engagement de la France à défendre l’intégrité du territoire mauritanien. Mokhtar Ould Daddah se souvient que de Gaulle disait : « La France se sentirait très mal à l’aise si elle devait lutter contre le Maroc si celui-ci décidait d’envahir la Mauritanie ».

Cette éventualité était prévisible car ainsi le Maroc remettrait Tindouf sous son administration après la fin de la guerre algérienne. Premièrement, autant la région que la ville étaient marocaines et furent cédées à l’Algérie par la France qui pensait qu’une restitution au régime chérifien serait évidente. Deuxièmement, il existait un accord entre le Maroc et le PGAR pour réaliser une correction aux limites entre les deux pays après l’indépendance algérienne. Cette correction devait probablement comprendre la restitution de Tindouf au territoire marocain.

Le naturaliste et explorateur français Théodore Monod avait également relevé qu’il n’y avait aucun doute sur le fait que Tindouf était, de par son architecture, les vêtements et la culture de ses habitants, une ville clairement marocaine. « A Tinfouf on arrive au Ksar (château) marocain le plus au sud, il n’y a aucun doute ».

Cependant, Tindouf a été annexée en 1934 par l’administration française algérienne. Après l’indépendance, les Algériens n’ont simplement pas respecté un accord de 1961 signé entre le roi du Maroc Hassan II et Ferhat Abbas qui était alors gouverneur provisoire de la république d’Algérie. Ce traité stipulait clairement que le Maroc n’avait pas l’obligation de respecter les limites du Sahara héritées par l’Algérie de l’époque coloniale.

Algérie 1830-1930

Algérie 1830-1930

En réalité, il est absurde que les limites coloniales imposées par les européens soient respectées par des pays indépendants. Tout comme il est absurde de lutter pour l’indépendance d’un territoire en devant y être autorisé par le gouvernement algérien comme c’est le cas des sahariens.

Au sud, le Maroc a également souffert d’une grande amputation de territoire de la part de l’Espagne qui est appelé par beaucoup aujourd’hui le « Sahara occidental ».

Protectorat-espagnol-au-Maroc-700

Ainsi les racines de plusieurs dynasties de rois marocains furent coupées par cette occupation espagnole qui, avec l’occupation française, établit des frontières artificielles inventées par les conquérants européens. La dispute avec l’Algérie était prévisible car ce pays c’était approprié l’est du Maroc jusqu’à la région de Colomb Beshar qui, tout comme Tindouf, avait toujours été en territoire marocain. Le Maroc est cependant parvenu à récupérer la région de son territoire appelé « Sahara occidental ». L’Espagne, compte-tenu de cette situation de doute, voulait rendre la région indépendante afin de conserver son influence en Afrique car celle-ci a toujours été liée au sentiment nationaliste de l’armée espagnole.

En réponse à la prétention espagnole, le roi Hassan II s’adressa à la Cour Internationale de Justice, les accusant de créer une entité fictive appelée « Sahara occidental », inventant ainsi un état artificiel, tout comme l’Algérie fut créée par la France.

Pour survivre, l’état « saharien » a dû compter sur le soutien de Madrid. Cet état fictif est fragile, instable et totalement dépendant de l’Espagne. La posture interventionniste sera tenue par l’Algérie qui a toujours souffert d’un complexe d’infériorité par rapport au Maroc, de par son manque de racines historiques et pour justifier sa propre existence comme état-nation. La Tunisie et le Maroc ont toujours existé, lorsque la France arriva dans ce qu’on appelle aujourd’hui l’Algérie, ce territoire était dissocié et sous la dépendance de la Turquie.

Il y avait certes un royaume de Tlemcen et d’autres entités, mais l’état d’Algérie n’existait pas.

Le poète italien d’origine allemande Aruto Graf dit que la folie et la sagesse sont deux pays
limitrophes, de frontières si imperceptibles qu’il n’est jamais possible de savoir avec certitude si on se trouve sur un territoire ou un autre. On pourrait dire la même chose de ceux qui prétendent lutter pour l’indépendance en participant au montage algérien sur le Sahara, même si ce sont des ONGs qui évoquent des causes altruistes pour empocher des aides internationales.

Luis Agüero Wagner
Mercredi 27 août 2014
Diario Siglo XXI
Source : www.diariosigloxxi.com
Traduit par : @StolenSahraoui

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2 Commentaires on “Sahara marocain au-delà du Sahara occidental par Luis Agüero Wagner”

  1. Moulay Ahmed Ferhat Reply

    Le joug colonial européen a laissé bien des traces, voire des cicatrices, particulièrement dans la société marocaine. La France et l’Espagne sont responsables de l’amputation de bien des parties du Maroc à l’Est comme au Sud du Maroc.

  2. MusulmanGéo Reply

    La France a vraiment commis l’irréparable au Maroc. Car, son entêtement à soutenir Ould Dada pour la création d’un nouvel état au sud du Maroc (Mauritanie) a ouvert la voie à la naissance d’un problème qui dure depuis 40 ans et dont souffre toute la région.
    Si De Gaule n’avait pas soutenue Ould Dada, et avait répondu aux réclamations du Maroc sur son territoire Mauritanien, jamais la communauté international n’aurait pu commettre l’erreur qu’à commis les juges de la CIJ en déclarant que la population du Sahara occidentale a droit à l’autodetérmination alors qu’elle représente à peine le 1/10 des Sahraoui qui se répartissent dans la province de Tarfaya, la province algérienne (actuellement) de Tindouf, le Nord-Ouest malien, 85 % du territoire mauritanien et ce qu’on appelle aujourd’hui par Sahara Occidentale.

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