Sahara Occidental Marocain : Le double langage algérien

Sahara Occidental Marocain : Pour avoir subordonné sa propre revendication à une entente « fraternelle » avec l’Algérie, le Maroc a commis l’erreur de croire que le gouvernement algérien tiendrait sa promesse du 6 juillet 1961.

«Il faudra attendre le sommet des chefs d’états arabes de Rabat en octobre 1974, pour que Boumediene donne explicitement, et sans l’ombre d’un doute, son assentiment à une résolution du dossier du Sahara à travers un arrangement entre le Maroc et la Mauritanie. Lors d’une réunion tripartite tenue en marge du sommet dont la transcription des enregistrements secrets ont été rendus publics – il affirme, s’adressant à Hassan II et à Ould Daddah : « Le problème intéresse dorénavant la Mauritanie et le Maroc. Je dis que je suis d’accord et qu’il n’y a aucun problème… si les frères présidents et rois consacrent cette formule pour l’entente entre les deux pays et en tout état de cause pour entamer la libération et la délimitation de ce qui sera la zone Marocaine et de ce qui sera la zone Mauritanienne, je serai alors parmi ceux qui consacrent cette formule »*

Abdelaziz Bouteflika en 1975 avec Mouamar Khaddafi.

Le président Abdelaziz Bouteflika en 1975, alors ministre des Affaires étrangères, avec Mouamar Khaddafi.

Cependant, peu à peu, à l’hiver 1974, l’on commence à percevoir comme une digression du langage et un repositionnement des uns et des autres. L’Algérie, au faite de sa gloire, dictant ses lois au sein de l’ONU, peaufine d’ores et déjà le nouveau visage de sa diplomatie qu’Abdelaziz Bouteflika, cigare cubain vissé aux lèvres, met en musique sur toutes les tribunes comme en coulisses. Alors que l’Espagne prépare la mise en œuvre de la formule d’autonomie ou d’indépendance du territoire dans le cadre d’une coopération étroite avec Madrid, le Maroc et la Mauritanie ne restent nullement inertes. Pris de court par l’initiative annoncée par le général Franco, ils n’ont de cesse, ensemble ou séparément, de préparer la riposte. Pour avoir néanmoins subordonné sa propre revendication sur le Sahara à une entente « fraternelle » avec l’Algérie, le Maroc a commis l’erreur de croire que le gouvernement algérien tiendrait sa promesse du 6 juillet 1961, réitérée le 9 octobre 1974 par son Président.»

   * Maroc soir, daté du 16 novembre 1977, près de 4 ans après les faits

Extrait du livre : Guerre secrète au Sahara Occidental

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