Sahel : un micro-Etat, véritable danger pour la stabilité de la région

Rabat – Plusieurs experts africains ont mis en garde, jeudi, contre les implications sécuritaires de la création d’un micro-Etat dans la région du Sahel, y voyant une véritable menace à la stabilité politique de la région, mais aussi à la sécurité des pays africains.

« Le risque de voir un nouvel Etat éclore au sahel dans un contexte d’instabilité marqué par le djihadisme, constitue un véritable danger pour la stabilité politique de la région sahélo-saharienne », ont affirmé ces experts qui participaient à une nouvelle édition des rencontres diplomatiques de la MAP, organisée sous le thème « Union Africaine – Maroc: entre divergences et fractures ».

A ce titre, le directeur adjoint de l’Institut de recherche pour la paix et la sécurité internationales, André Corneille Zannou (Bénin), a relevé qu’ « un tel Etat au Sahel constituerait un nouveau sanctuaire pour les groupes terroristes tels qu’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), de même qu’il deviendrait un carrefour des trafics de tout genre ».

Même son de cloche chez Mohamed Benhamou, président du Centre marocain des études stratégiques (CMES), pour qui « il n’y a pas de place pour les micro-Etats au Sahel ».

L’expert, qui a détaillé, devant un parterre de journalistes et de diplomates, moult menaces persistant dans la région du Sahel, a relevé que la fragilité chronique du voisinage sahélo-saharien, la porosité des frontières et l’instrumentation du désespoir des jeunes des camps de Tindouf, sont autant de catalyseurs du terrorisme dans la région.

Le Maghreb, a-t-il martelé, ne peut plus se permettre de vivre avec une zone d’ombre et de tension, car, explique M. Benhammou, « les djihadistes de tous bords vont chercher à se nourrir de cette zone si le conflit persiste ».

Aux yeux des différents intervenants, des experts venant du Tchad, du Sénégal, du Cameroun et du Bénin, « la chimère d’indépendance du front Polisario et de ses alliés ne saurait être la solution » au conflit du Sahara, lequel « annihile les efforts d’intégration africaine ».

En effet, dans un contexte de mondialisation où se construisent partout de grands ensembles politico-économiques, l’octroi d’indépendances ne saurait constituer un remède efficace aux conflits en Afrique, au risque d’encourager le morcellement du continent, ont-ils conclu.

Les rencontres diplomatiques de la MAP est un outil de communication, d’échanges et de débat qui met la lumière sur un pays, une région, un thème ou une commémoration faisant l’actualité en rapport avec les relations diplomatiques du Maroc.

Cette édition, organisée en partenariat avec le CMES, a été l’occasion de mettre en relief le rôle et la place du Maroc en tant que pays fondateur de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA remplacée par l’Union africaine), mais aussi les répercussions de l’absence du Maroc de cette organisation internationale.

La première rencontre a été organisée en juin dernier autour du thème : « Cinquantenaire des relations diplomatiques Maroc-Pérou : une amitié durable ».

Source : mapexpress.ma

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