Tindouf : Révolte contre le Polisario au Sahara occidental. par Luis Agüero Wagner

Tindouf, Algérie : Isolés du monde et fatigués des luttes caricaturales pour une indépendance dépendante de l’Algérie, les villages du Sahara s’élèvent contre le Polisario.

Bonaparte a écrit que l’indépendance, tout comme l‘honneur, sont « des îles rocheuses sans plages ». C’est exactement ce que sont devenus les camps dans le désert algérien où le front Polisario sacrifie le peuple alors qu’il prétend lutter pour son indépendance.

En réalité, ces maghrébins séquestrés qui survivent dans les camps de Tindouf sont de plus en plus conscients qu’ils sont des otages au service des calculs politiques des généraux algériens dans la région. Ces généraux qui, couverts par la propagande des ONGs ont tout intérêt à faire durer le conflit pour continuer à s’enrichir. Pour cela, ils inondent de propagande les médias du monde entier.

Manifestation pro-polisario.

Cette situation ressemble assez à celle des indigènes d’Amérique latine qui, au Paraguay par exemple suivent des directives d’ONGs qui les instrumentalisent afin de récolter d’importants fonds de l’aide internationale. Pour se faire, ils les poussent à occuper les médias ainsi que divers espaces publiques.

A Tindouf : aucun droit à la liberté d’expression.

Dans ces camps oubliés du monde, le peuple saharien n’a pas droit à la libre expression. La presse indépendante n’y a pas accès pour dialoguer avec ces gens que la propagande des ONGs, qui s’enrichissent sur le dos de leur tragédie, présente comme « des victimes du maléfique royaume du Maroc ».

Le pire de tout est que personne ne peut sortir de ces camps sans l’autorisation du DRS algérien [Département du Renseignement et de la Sécurité], les camps étants verrouillés par le front Polisario.

La corruption et d’autres pratiques délictueuses, comme le détournement de l’aide internationale, dans les camps de Tindouf, ont été dénoncées par les ONGs défenderesses des droits de l’homme, à l’instar de la Fondation France Libertés créée par la défunte Danielle Mitterrand, épouse de l’ex président français, François Mitterrand.

Tindouf : Dégage au nom de la cause ! (Message à l'attention de Mohammed abd el Aziz, unique président du front polisario depuis 40 ans)

« Dégage au nom de la cause ! » (A l’attention de Mohamed Abdelaziz, président du front polisario depuis 40 ans)

Ces derniers temps, plusieurs protestations se sont succédées à l’intérieur des camps, obligeant le propre dirigeant du Polisario à fuir du camp de Rabuni, siège de son quartier général. Dans sa fuite, sa femme Khadija Bent Hamdi l’accompagnait, elle-même est accusée par des sources internes de détournement d’aide internationale.

Une grande part du mécontentement vient de la jeunesse qui manque de réponses sur son avenir de la part des autorités, lesquelles soutiennent un conflit absurde basé sur des intérêts créés de toutes pièces.

 

Ces derniers temps, plusieurs d’entre eux ont tenté de fuir mais l’entreprise est difficile car ils s’exposent aux représailles algériennes. Plusieurs cas ont été dénoncés. Des réfugiés souhaitant abandonner les camps ont été violemment battus et humiliés par des soldats algériens qui ensuite, les ont livré aux services de « sécurité » du Polisario.

En parallèle, des manifestants ont souvent dénoncé la passivité et la lâcheté des autorités sahariennes face aux tortures et vexations que les militaires algériens leur font vivre en permanence dans les camps.

Pour comble de l’absurde, ces camps contrôlés par l’Algérie se trouvent à Tindouf, annexé en 1934 par l’administration française d’Algérie. Après l’indépendance, les Algériens n’ont tout simplement pas respecté un accord de 1961 signé entre le roi du Maroc, Hassan II et Ferhat Abbas. Cet accord établissait clairement que le respect des limites du Sahara héritées de l’Algérie par l’époque coloniale ne pouvait pas constituer une obligation pour le Maroc.

Tindouf, annexé en 1934 par l'administration française d'Algérie

Tindouf, annexée en 1934 par l’administration française d’Algérie

Le naturaliste et explorateur français Théodore Monod avait déjà relevé qu’il n’avait aucun doute sur le fait que Tindouf était de par son architecture, les vêtements et la culture de son peuple clairement marocain « A Tindouf, on arrive au Ksar (château) marocain le plus au sud, il n’y a aucun doute » écrit-il.
En réalité, il est absurde que les limites coloniales imposées par les européens soient respectées par des pays indépendants. Tout comme il est absurde de lutter pour l’indépendance d’un territoire, sous le stricte contrôle du gouvernement algérien, comme c’est le cas des sahariens de Tindouf.

Cependant, la « cause » saharienne continue à recevoir des justifications de la part de tous ceux qui ont intérêt à perpétuer la tragédie des peuples du Sahara tout en maintenant leurs affaires. Et ce, en désinformant l’opinion et en profitant de l’aide internationale. Il est probable que cette farce se termine par une grande rébellion contre le Polisario au Sahara, lorsque la patience des peuples et la réalité sociale des victimes dépassent les autorités qui prétendent lutter avec elles.

Comme l’avait averti il y a des dizaines de siècles Marco Tulio Ciceron, il n’y a pas de situation absurde qui n’eut été soutenue par un philosophe.

Luis Agüero Wagner
Mercredi 27 août 2014
Diario Siglo XXI
Source : www.diariosigloxxi.com
Traduit par : @StolenSahraoui

Laisser un commentaire

Please wait...